Auteur : Anthony

Auteur amateur de photographies et de théâtre. Le mélange des trois est une bataille que j'aime livrer.

Déçue par les hommes.

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Frifrouille est particulièrement excité aujourd’hui. Il a déjà du oublier tout ce que je lui ai fait subir… Je me demande comment ce chien peut être si heureux en ayant si peu de fierté. De base je n’aimais pas les chiens. C’est certainement pour cela que je m’en suis achetée un. Pour tester ses limites en termes d’ego. D’ailleurs on dit bien « acheter » un chien et rarement « adopter ». C’est amour se monnaie sans complexe. Si je me suis rabattue sur cette présence c’est parce que le mien avait souffert, d’ego. Je me devais de ridiculiser un être vivant tout en me sentant aimée inconditionnellement. Ma vengeance serait douce et innocente. Frifrouille était la victime parfaite.

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« Tu finiras seule avec des animaux si tu continues ! ». Merci. J’ai donc pris les devants. Je ne voulais pas ressembler à ces personnes amoureuses de leur animal de compagnie. Ressembler n’était pas suffisant. Je devais l’être. Il me fallait un amour fictif mais puissant. Sans retour. Je ne voulais plus d’une personne en face, avec des émotions à gérer. Il me fallait un être suffisamment simple d’esprit pour être capable de m’aimer. Quoique je fasse. Comme j’avais souffert, je l’affublerais des pires costumes pour le rendre ridicule. Aussi ridicule que je l’ai été quand j’étais amoureuse. Quand je portais le costume de l’idiote qui sourit bêtement alors qu’on se fout clairement d’elle. Je ne me trouvais pas assez forte et attirante pour faire subir ça à un homme. Le chien, dont je me foutais, me paraissait un bon exercice pour apprendre à utiliser l’amour des autres.

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Je me suis alors rendue compte de plusieurs choses. Les femmes amoureuses de leur animal n’étaient pas si ridicules et avaient souffert de la même manière que moi pour s’en remettre à ces bêtes. D’autre part, ces bêtes dont je me moquais n’avaient peut-être pas d’ego, mais pas davantage d’attentes. Elles aimaient simplement ce qui les nourrissait, s’occupait d’eux. Comme moi avant. Je me moquais finalement de moi-même. Je devais jouer le rôle de mon bourreau pour comprendre ce qui venait de m’arriver. Ridiculisée. Affublée d’un costume dont je ne voulais pas. J’ai alors regardé Frifrouille et me suis excusée. Auprès de lui. Auprès de moi. Désolée aussi pour ce nom auquel il répondait désormais et que je ne pouvais donc plus changer pour le rendre plus digne… Quand j’ai pleuré, il m’a aimé un peu plus que prévu en venant lécher mes larmes. Ou alors il avait soif… Peu d’attentes. Beaucoup d’amour.

Photos: Jérôme Sussiau

Texte: Anthony Navale

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Tout mais pas folle.

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Tellement soulagé qu’ils acceptent ma sexualité, j’ai dit oui à leurs conditions. Quelle erreur. Ils cherchaient à me remettre sur un chemin droit. « Fils, tu marcheras sur le bord de la route mais au moins tu nous suivras, on t’aura à vue. Ça sera moins confortable mais tu comprendras que tu n’es pas autorisé à suivre confortablement le troupeau… Ne t’éloigne pas trop». Ne deviens pas une folle. Quel genre de menace est-ce là ? Ils perdaient pied dans leur éducation et malgré un accident de parcours ils persistaient à maîtriser mon image ? J’ai bêtement suivi cette menace. J’ai détesté les folles en étouffant la mienne. Le courage dont j’avais fait preuve pour leur annoncer ma sexualité m’avait épuisé et soucieux de ne pas perdre leur amour, j’ai voulu leur faire plaisir. J’ai fait taire la folle en moi. Moi.

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On adore les folles. À bonne distance. Elles nous font rire, elles nous surprennent. Des hommes qui se déguisent ou se comportent comme des femmes, c’est drôle. Parce que des allures féminines, c’est forcément drôle… Petite misogynie. J’aime à penser qu’entre l’armoire à glace poilue qui rote en se grattant et la petite écervelée qui n’ose approcher personne sans un maquillage parfait, il y aurait quelques variantes. Un éventail riche et coloré. Sans pour autant en rejeter notre macho et notre lolita. Ils y ont leur place aussi, sur cet éventail. L’idée n’est pas de coller à une caricature ou à une autre. L’idée serait de s’aimer un peu plus comme on est. Notre voix, notre posture, notre coiffure, nos subtilités. Laissant ainsi tranquilles celles des autres…

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Beaucoup de mes proches continuent de tenir cette promesse que nos parents leur ont imposée. Ils suivent docilement le rôle du « bon pédé ». S’ils sont heureux alors je le suis pour eux. S’ils veulent par contre déplumer les folles, les faire descendre d’un ou plusieurs octaves et les empêcher de répandre une image ridicule de cette communauté éclatée, alors ils n’ont rien compris. L’approbation limitée qu’ils ont goutée leur a déjà fait perdre de vue la tolérance qu’ils se doivent d’avoir. Nous ne sommes pas obligés d’adopter des attitudes qui ne nous plaisent pas. A contrario, rien ne nous pousse non plus à les combattre. Je n’espère que de la bienveillance. Je l’ai fait. Vis-à-vis de moi déjà. J’ai appris à aimer mon rire trop fort, mon débit de parole, mon jeu des genres, mes postures. Je suis comme ça. Je m’apprécie comme ça. Sans fausse promesse, sans chercher à plaire. C’est déjà un bon départ pour commencer à aimer les autres.

Photos: Monsieur Gac

Texte: Anthony Navale

Gentil manipulateur.

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Je suis un manipulateur. J’agis en anticipant. Si je m’étais mis aux échecs je pense que j’aurais pu être un excellent joueur. Mais anticiper les mouvements de figurines en bois est vite lassant quand on peut diriger et orienter directement des personnes bien vivantes. Avec leurs émotions, leurs défauts, leur imprévisibilité. Toute la tactique ne repose que sur l’imprévisibilité de certains. Il faut être capable de prévoir ce qui par définition ne peut l’être. J’étends mon réseau, ils se jettent dans ma toile. Ensuite, je deviens musicien d’un instrument à cordes silencieux. Je pousse certaines interactions à se renforcer et isole certaines victimes plus résistantes. Les faibles doivent être solidement accrochés pour repousser plus facilement les robustes.

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J’étais un faible. Socialement faible. Je n’avais les faveurs de personnes. J’indifférais le plus grand nombre. Je n’étais qu’un gentil. Les gentils n’ont jamais le bon rôle dans la vraie vie. Les gentils sont utilisés, et oubliés. Ce masque était idéal pour dissimuler un manipulateur. Je les attirais sans le vouloir. Ils m’utilisaient naturellement. Il suffisait de leur apprendre à m’être redevable. La toile se mettait en place. De victime à prédateur, ce n’est qu’une question d’organisation. Désormais, mes liens sont solides. La structure de ma sociabilité est parfaite, stable. Je ne crains rien. Ils ne me découvriront jamais. Je dirige mon monde et aucun facteur ne pourra me déstabiliser. J’ai compris que nous n’étions que des solitudes qui entrons en collision. Je n’ai fait qu’accrocher des liens, visibles par moi seul, entre ces solitudes.

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Ma toile s’étendra. Mon emprise s’étendra. Je ne souhaite désormais que me tester. Jusqu’où puis-je aller dans ce jeu ? À quel moment me tromperai-je ? Mentirai-je ? Combien de coups d’avance ai-je vraiment ? La base de mon réseau est un refuge solide si toutefois je me laisse surprendre en dehors. L’araignée est inatteignable quand elle se précipite dans son repère après avoir été chassée. Je serai aussi vif qu’elle. Je dirigerai tout. Je ne me laisserai plus toucher par des choses imprévisibles. Les seules douleurs que je ressentirai désormais ne seront que des piqures dans la paume de ma main. Où le monde se trouvera.

Photos: Monsieur Gac

Texte: Anthony Navale

La fille de la rue.

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Ça y est. Elle repasse. Tous les jours je l’attends. Je reconnais sa silhouette de loin. Par contre, je ne vois son expression que tard. Du coup je ne sais pas si elle me voit déjà. Si elle me sourit. Si je lui fais peur. Alors j’attends qu’elle s’approche. J’essaie d’être discret. Mais il est difficile d’être discret quand on est amoureux. Je souris déjà, bêtement. Je dois me tenir mal. Voûté et nerveux. Aujourd’hui j’ai décidé de lui dire bonjour. De vive voix. Si elle me sourit. Si elle me regarde. Même un peu. Encore quelques pas avant de le savoir.

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Elle sourit ! Je ne sais pas si c’est à cause de moi mais son visage est lumineux ! Peut-être m’a-t-elle vu et en attendant d’arriver à mon niveau elle se donne une contenance en regardant ailleurs ? Elle doit être gênée de marcher vers moi dans cette longue rue. On se sent toujours un peu idiot quand on a aperçu quelqu’un de loin et qu’on doit le rejoindre. Sans rien d’autre à faire qu’avancer, pendant qu’on nous regarde. Elle ne doit pas savoir comment réagir ainsi observée. Mais son sourire ne la quitte pas. Je me racle la gorge pour que ma voix ne soit pas ridicule quand je lui dirai « bonjour ». Dois-je dire « bonjour » ou « salut » ? Je vais rester sur un « bonjour » chaleureux. Une approche sobre et efficace. Encore quelques pas.

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Et merde. Elle souriait à une amie un peu plus loin. Mon « salut » mal assuré lui a fait peur et elle a répondu poliment pleine de méfiance. Dois-je la rattraper pour la rassurer ? Lui avouer mes sentiments? Non. Je ne ferai que l’effrayer davantage. Je vais tenter de la suivre du regard… Elle me regarde encore ! Avec son amie… Elles s’éloignent. Je ne vois plus leurs visages. Je ne sais pas si elles sourient. Si elles se moquent. Si elle repassera demain…

Texte: Anthony Navale

Photos: Monsieur Gac

La bulle de néons.

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J’aime me rendre au cimetière de néons. Deux de mes sœurs y sont représentées. J’aime m’y assoir, leur rendre hommage et laisser les lumières me jouer des tours. J’ai appris qu’avant on enterrait les corps et qu’on signalait l’endroit avec une pierre. Une pierre c’est triste, sans espoir, sans vie. Un néon est plus judicieux pour se souvenir de quelqu’un. Une couleur, une chaleur, une émotion. De toute façon nous ne verrions pas les pierres depuis la Grande Nuit. Elles devaient être plus belles à la lumière du soleil, plus subtiles peut être. On me parle souvent de ça. La capacité qu’avait le soleil à sublimer les choses, même les gens. Quand il pouvait passer le nuage épais de la Grande Nuit.

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Le plus haut néon nous donne une idée de ce que pouvait être une source de lumière puissante et globale. Je le vois depuis le cimetière. Ceux qui ont tenté de l’escalader sont retombés rapidement, intoxiqués ou défigurés pour les plus chanceux. Ils sont idiots. On se doute bien que le nuage sera de plus en plus épais en montant. Je me demande combien de temps il faudra encore avant que le haut néon ne disparaisse à son tour, nous avec. La perception de l’espace autour de notre monde nous a fait oublier que nous vivions dans une bulle. Rien ne s’en échappe. Et certainement pas nous.

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À partir de quand avons-nous obstrué la lumière ? Nos ancêtres, pour laisser libre court à leur imagination, disaient parfois « sky is the limit ». Ironie. Le ciel était véritablement une limite. S’asphyxier. Tout seuls. Les idiots. Je ne saurais quoi leur dire. C’est ma réalité désormais. Savaient ils en voyant l’air s’épaissir qu’il deviendrait presque solide ? Y pensaient-ils ? Qu’auraient-ils pu faire ? Jamais ils n’auraient pu imaginer que désormais, lorsque nous n’arrivons plus à respirer, nous plantons nous même notre néon avant de nous rendre dans les hauteurs pour ne pas polluer davantage la terre de nos corps. Ma toux est encore supportable. J’attendrai demain.

Photos: Monsieur Gac

Texte: Anthony Navale

Supporter un orgasme.

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La première fois était inconfortable. Il fallait le faire, je ne pouvais plus repousser. J’ai longtemps été observateur de ma propre sexualité. Ou plutôt celle des autres avec moi. Je ne leur prêtais mon corps que pour mieux les observer. C’était donc ça, le sexe. La belle affaire. Il ne s’y passait pas grand-chose, l’excitation me semblait plus stimulée par l’interdit que par l’acte en lui-même. Il n’y avait rien de nouveau. Rien qui ne différait de ma sexualité solitaire, en termes de sensation. Je faisais plaisir à quelqu’un plus que ça ne me plaisait réellement. Jusqu’à ce que je considérerai comme mon premier orgasme.

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« La première fois ». Je déteste ce terme. Pour tout. C’est ce genre de sacralisation qui nous fout la pression. Pour tout. On s’en fout de la première fois. Surtout si ce n’est pas la dernière. Mon « premier » orgasme me marque puisqu’il contrastait enfin avec le reste de ma sexualité jusqu’alors. Je m’amusais des bruits que faisaient mes partenaires en en simulant à mon tour. Sauf que ce jour-là j’ai à mon tour fait un bruit ridicule, incontrôlé. Je m’étais laissé aller et n’avais pas cherché à contrôler ou observer, je n’ai pas eu le temps de réfléchir. J’ai alors compris le côté instinctif de ma sexualité. L’écart entre mes fantasmes et mes sensations. Je n’accuserai pas mes amants d’avant. C’est moi qui étais à blâmer. Du moins ce que j’avais bien voulu croire sur la sexualité.

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On en fait des tonnes. On ne parle que de ça tout en la rendant tabou. On se mêle de celle des autres. Une compétition s’est même instaurée. Merveilleux… La frustration, le manque, la gravité n’entraînent que des perversions. À quoi bon limiter le sexe ? Tant que les participants sont consentants doit on se soucier du reste ? J’ai observé mes partenaires avec le jugement qu’on m’avait inculqué. Juger le plaisir, on nous l’apprend rapidement. Je ne me suis laissé aller qu’après avoir analysé leurs gémissements, leur souffle. Si j’avais d’abord cherché à ressentir plutôt qu’à comprendre, j’aurais certainement combiné mes deux premières fois.

Photos: Jérôme Sussiau

Texte: Anthony Navale

Les enfants seuls.

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Je suis surpris quand il n’y a aucun enfant au parc. Même quand ils sont censés être à l’école, il y en a toujours deux ou trois qui ont convaincu leurs parents qu’ils étaient malades. Ils auraient ensuite réussi à les faire se déplacer au parc. Même malades. Les parents perdent le sens commun à force de les entendre hurler ou sont-ils de base disposés à se soumettre à ces mini-eux ? C’est la sensation que j’ai quand un adulte se débat avec ses mômes. Un esclave deux fois plus grand que ses maîtres. Ils enfantent, se sentant tout puissants et aptes à transmettre un savoir certain. Mais ils oublient qu’ils n’ont pas affaire à des personnes sensées. Ils sont confrontés à une nouvelle version d’eux-mêmes. Version jeune, énergique et sauvage.

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En soit les enfants ne me dérangent pas. Ils n’ont rien demandé, comme moi avant eux, et ne cherchent qu’à tester ce qui s’offre à eux. Par contre, je suis captivé par l’incapacité des parents. Certains doivent parfaitement se débrouiller, mais ceux-là ne font pas de bruit alors on n’y fait pas attention. Par contre ceux qui courent, se débattent et crient sont particulièrement intéressants. Ils ont voulu jouer et ils ont perdu. Leur dignité déjà. Se faire foutre de sa gueule en public par sa propre descendance a quelque chose d’ironique. C’est assumer son échec. Comment peut-on croire qu’ils découvrent ce qu’est un enfant ? Ils se sentent uniques en ayant réussi à faire gonfler un ventre, mais ça leur est monté à la tête. Les enfants le sentent et retournent le pouvoir contre leurs aînés. Ce putsch intergénérationnel, jamais je n’aurai la force de me l’infliger.

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Je resterai un animal solitaire. Fier d’observer, mais ne prenant pas part au jeu de la reproduction. Certains voient ça comme une mission naturelle de repeupler la terre sans limite. Ce sont les mêmes qui se prennent pour un demi-dieu quand ils réalisent à quel point le corps humain est magique de pouvoir donner la vie. Il n’y a pas de nombre assez gros pour comptabiliser le nombre d’humains nés avant eux et pourtant ils se sentent uniques et porteurs d’une mission à chaque copulation prolifique. Ils en profitent ensuite pour me reprocher de ne pas faire mon devoir d’humain digne de ce nom. J’ai la prétention de pouvoir transmettre sans enfanter. La volonté du moins. Mes idées ne viennent pas de mes propres parents, pas toutes. Elles viennent d’observateurs, d’animaux solitaires. La parenté est une chose, la transmission en est une autre. Plutôt que de gober n’importe quoi, j’observe. Je ne ferai peut être jamais rien d’autre que d’observer. Parfois un enfant réalise que je le regarde faire une connerie. Souvent ça l’amuse et, en m’adressant un sourire complice, il fout un coup de pied à sa mère.

Photos: Monsieur Gac

Texte: Anthony Navale